Le surlendemain de sa rentrée au Louvre, le duc d'Anjou vint faire une seconde visite au blessé.
Monsoreau, instruit des moindres particularités de l'entrevue du roi avec son frère, caressa du geste et de la voix M. le duc d'Anjou, pour l'entretenir dans les plus hostiles dispositions.
Puis, comme il allait de mieux en mieux, quand le duc fut parti, il reprit le bras de sa femme, et, au lieu de faire trois fois le tour de son fauteuil, il fit une fois le tour de sa chambre.
Après quoi, il se rassit d'un air encore plus satisfait que la première fois.
Le même soir, Diane prévint Bussy que M. de Monsoreau méditait bien certainement quelque chose.
Un instant après, Monsoreau et Bussy se trouvèrent seuls.
—Quand je pense, dit Monsoreau à Bussy, que ce prince, qui me fait si bonne mine, est mon ennemi mortel, et que c'est lui qui m'a fait assassiner par M. de Saint-Luc!
—Oh! assassiner! dit Bussy; prenez garde, monsieur le comte, Saint-Luc est bon gentilhomme, et vous avouez vous-même que vous l'aviez provoqué, que vous aviez tiré l'épée le premier, et que vous avez reçu le coup en combattant.
—D'accord, mais il n'en est pas moins vrai qu'il obéissait aux instigations du duc d'Anjou.
—Écoutez, dit Bussy, je connais le duc, et surtout je connais M. de Saint-Luc. Je dois vous dire que M. de Saint-Luc est tout entier au roi, et pas du tout au prince. Ah! si votre coup d'épée vous venait d'Antraguet, de Livarot ou de Ribérac, je ne dis pas… mais de Saint-Luc….