—Je ferai ce qu'il faudra faire, dit Monsoreau les dents serrées, mais je ne quitterai pas la comtesse.
Le comte achevait ces mots, lorsqu'on entendit dans la cour un grand bruit de chevaux et de voix.
Monsoreau frémit.
—Encore le duc! murmura-t-il.
—Oui, justement, dit Remy en allant à la fenêtre.
Le jeune homme n'avait point achevé que, grâce au privilège qu'ont les princes d'entrer sans être annoncés, le duc entra dans la chambre.
Monsoreau était aux aguets, il vit que le premier coup d'oeil de
François avait été pour Diane.
Bientôt les galanteries intarissables du duc l'éclairèrent mieux encore; il apportait à Diane un de ces rares bijoux comme en faisaient trois ou quatre en leur vie ces patients et généreux artistes qui illustrèrent un temps où, malgré cette lenteur à les produire, les chefs-d'oeuvre étaient plus fréquents qu'aujourd'hui.
C'était un charmant poignard au manche d'or ciselé; ce manche était un flacon; sur la lame courait toute une chasse, burinée avec un merveilleux talent: chiens, chevaux, chasseurs, gibier, arbres et ciel, s'y confondaient dans un pêle-mêle harmonieux qui forçait le regard à demeurer longtemps fixé sur cette lame d'azur et d'or.
—Voyons, dit Monsoreau, qui craignait qu'il n'y eût quelque billet caché dans le manche.