Ses gentilshommes s'étaient alors détachés du cortège et s'étaient retirés avec lui, comme pour indiquer bien hautement que c'était le duc qu'ils suivaient et non le roi.
Mais le fait était que, comme trois d'entre eux devaient se battre le lendemain, ils désiraient ne pas se fatiguer outre mesure.
A la porte de l'abbaye, le roi, sous le prétexte que Quélus, Maugiron,
Schomberg et d'Épernon n'avaient pas moins besoin de repos que
Livarot, Ribérac et Antraguet, le roi, disons-nous, leur donna congé
aussi.
L'archevêque, qui officiait depuis le matin, et qui n'avait encore rien pris, non plus que les autres prêtres, tombait de fatigue; le roi prit pitié de ces saints martyrs, et, arrivé, comme nous l'avons dit, à la porte de l'abbaye, il les renvoya tous.
Puis, se retournant vers le prieur, Joseph Foulon:
—Me voici, mon père, dit-il en nasillant, je viens, comme un pécheur que je suis, chercher le repos dans votre solitude.
Le prieur s'inclina.
Alors s'adressant à ceux qui avaient résisté à cette rude journée et qui l'avaient suivi jusque-là:
—Je vous remercie, messieurs, dit-il, allez en paix.
Chacun salua respectueusement, et le royal pénitent monta une à une, en se frappant la poitrine, les marches de l'abbaye.