—Comment cela?
—Oui, aurons-nous assez de troupes bourgeoises pour maintenir Crillon et ses gardes?
—Nous avons mieux que des troupes bourgeoises, répliqua le duc de Mayenne, et, croyez-moi, il ne sera pas échangé un seul coup de mousquet.
—Voyons, dit la duchesse de Montpensier, comment entendez-vous cela?
J'aurais cependant bien voulu un peu de tapage, moi.
—Eh bien, ma soeur, je vous le dis à regret, vous en serez privée. Quand le roi sera pris, il criera; mais nul ne répondra à ses cris. Nous lui ferons alors, par persuasion ou par violence, mais sans nous montrer, signer une abdication. Aussitôt l'abdication courra la ville et disposera en notre faveur les bourgeois et les soldats.
—Le plan est bon et ne peut échouer maintenant, dit la duchesse.
—Il est un peu brutal, fit le cardinal de Guise en secouant la tête.
—Le roi refusera de signer l'abdication, ajouta le Balafré; il est brave, il aimera mieux mourir.
—Qu'il meure alors! s'écrièrent Mayenne et la duchesse.
—Non pas, répliqua fermement le duc de Guise, non pas! Je veux bien succéder à un prince qui abdique et que l'on méprise; mais je ne veux pas remplacer un homme assassiné que l'on plaindra. D'ailleurs, dans vos plans, vous oubliez M. le duc d'Anjou, qui, si le roi est tué, réclamera la couronne.