En une seconde, elle fut soudée à son poignet avec son mouchoir.
Et la bataille recommença, présentant ce spectacle prodigieux d'un homme presque sans armes, mais aussi presque sans blessures, épouvantant six hommes bien armés et se faisant un rempart de dix cadavres.
La lutte recommença et redevint plus terrible que jamais; tandis que les gens de Monsoreau se ruaient sur Bussy, Monsoreau, qui avait deviné que le jeune homme cherchait une arme par terre, tirait à lui toutes celles qui pouvaient être à sa portée.
Bussy était entouré; le tronçon de sa lame, ébréché, tordu, émoussé, vacillait dans sa main; la fatigue commençait à engourdir son bras; il regardait autour de lui, quand un des cadavres, ranimé, se relève sur ses genoux, lui met aux mains une longue et forte rapière.
Ce cadavre, c'était Remy, dont le dernier effort était un dévouement.
Bussy poussa un cri de joie, et bondit en arrière, afin de dégager sa main de son mouchoir et de se débarrasser du tronçon devenu inutile.
Pendant ce temps, Monsoreau s'approcha de Remy et lui déchargea, à bout portant, son pistolet dans la tête.
Remy tomba le front fracassé, et, cette fois, pour ne plus se relever.
Bussy jeta un cri, ou plutôt poussa un rugissement.
Les forces lui étaient revenues avec les moyens de défense; il fit siffler son épée en cercle, abattit un poignet à droite et ouvrit une joue à gauche.