Il jeta un dernier regard derrière lui.
La lune venait de sortir brillante d'un nuage, sa lumière entrait dans cette chambre inondée de sang; elle vint se mirer aux vitres et illuminer les murailles hachées par les coups d'épées, trouées par les balles, effleurant au passage les pâles visages des morts, qui, pour la plupart, avaient conservé en expirant le regard féroce et menaçant de l'assassin.
Bussy, à la vue de ce champ de bataille peuplé par lui, tout blessé, tout mourant qu'il était, se sentit pris d'un orgueil sublime.
Comme il l'avait dit, il avait fait ce qu'aucun homme n'aurait pu faire.
Il lui restait maintenant à fuir, à se sauver; mais il pouvait fuir, car il fuyait devant les morts.
Mais tout n'était pas fini pour le malheureux jeune homme.
En arrivant sur l'escalier, il vit reluire des armes dans la cour; un coup de feu partit: la balle lui traversa l'épaule.
La cour était gardée.
Alors il songea à cette petite fenêtre par laquelle Diane lui promettait de regarder le combat du lendemain, et, aussi rapidement qu'il put, il se traîna de ce côté.
Elle était ouverte, en encadrant un beau ciel parsemé d'étoiles. Bussy referma et verrouilla la porte derrière lui; puis il monta sur la fenêtre à grand'peine, enjamba la rampe, et mesura des yeux la grille de fer, afin de sauter de l'autre côté.