En une seconde il descendit, et rejoignit Livarot et Ribérac.

—Mes amis, dit-il, regardez cette noble figure du plus brave des hommes, voyez les gouttes encore vermeilles de son sang; celui-là nous donne l'exemple; celui-là ne chargeait personne du soin de le venger… Bussy! Bussy! nous ferons comme toi; et, sois tranquille, nous nous vengerons!

En disant ces mots, il se découvrit, posa ses lèvres sur les lèvres de
Bussy; et, tirant son épée, il la trempa dans son sang.

—Bussy, dit-il, je jure sur ton cadavre que ce sang sera lavé dans le sang de tes ennemis!

—Bussy, dirent les autres, nous jurons de tuer ou de mourir!

—Messieurs, dit Antraguet, remettant son épée au fourreau, pas de merci, pas de miséricorde, n'est-ce pas?

Les deux jeunes gens étendirent la main sur le cadavre:

—Pas de merci, pas de miséricorde! répétèrent-ils.

—Mais, dit Livarot, nous ne serons plus que trois contre quatre.

—Oui, mais nous n'aurons assassiné personne, nous, dit Antraguet; et
Dieu fera forts ceux qui sont innocents. Adieu, Bussy!