— Mordi! s'écria Coconnas, il va faire souffrir ce pauvre garçon, et le voler peut-être. Je veux être là pour l'achever, s'il est besoin, et empêcher qu'on ne touche à son argent.
Et mû par cette heureuse idée, Coconnas monta l'escalier derrière maître La Hurière, qu'il eut bientôt rejoint; car, à mesure qu'il montait, par un effet de la réflexion sans doute, La Hurière ralentissait le pas.
Au moment où il arrivait à la porte, toujours suivi de Coconnas, plusieurs coups de feu retentirent dans la rue.
Aussitôt on entendit La Mole sauter de son lit et le plancher crier sous ses pas.
— Diable! murmura La Hurière un peu troublé, il est réveillé, je crois!
— Ça m'en a l'air, dit Coconnas.
— Et il va se défendre?
— Il en est capable. Dites donc, maître La Hurière, s'il allait vous tuer, ça serait drôle.
— Hum! hum! fit l'hôte. Mais, se sentant armé d'une bonne arquebuse, il se rassura et enfonça la porte d'un vigoureux coup de pied. On vit alors La Mole, sans chapeau, mais tout vêtu, retranché derrière son lit, son épée entre ses dents et ses pistolets à la main.
— Oh! oh! dit Coconnas en ouvrant les narines en véritable bête fauve qui flaire le sang, voilà qui devient intéressant, maître La Hurière. Allons, allons! en avant!