— Sauvez-moi, mon frère! dit Marguerite épuisée. Ils veulent m'assassiner. Une flamme passa sur le visage pâle du duc.
Quoiqu'il fût sans armes, soutenu, sans doute par la conscience de son nom, il s'avança les poings crispés contre Coconnas et ses compagnons, qui reculèrent épouvantés devant les éclairs qui jaillissaient de ses yeux.
— Assassinerez-vous ainsi un fils de France? voyons! Puis, comme ils continuaient de reculer devant lui:
— Çà, mon capitaine des gardes, venez ici, et qu'on me pende tous ces brigands!
Plus effrayé à la vue de ce jeune homme sans armes qu'il ne l'eût été à l'aspect d'une compagnie de reîtres ou de lansquenets, Coconnas avait déjà gagné la porte. La Hurière redescendait les degrés avec des jambes de cerf, les soldats s'entrechoquaient et se culbutaient dans le vestibule pour fuir au plus tôt, trouvant la porte trop étroite comparée au grand désir qu'ils avaient d'être dehors.
Pendant ce temps, Marguerite avait instinctivement jeté sur le jeune homme évanoui sa couverture de damas, et s'était éloignée de lui.
Quand le dernier meurtrier eut disparu, le duc d'Alençon se retourna.
— Ma soeur, s'écria-t-il en voyant Marguerite toute marbrée de sang, serais tu blessée?
Et il s'élança vers sa soeur avec une inquiétude qui eût fait honneur à sa tendresse, si cette tendresse n'eût pas été accusée d'être plus grande qu'il ne convenait à un frère.
— Non, dit-elle, je ne le crois pas, ou, si je le suis, c'est légèrement.