— Eh bien, justement, répondit Coconnas, je viens régler nos comptes.

— Saisissons-le, lions-le, dit le vieillard aux jeunes gens qui l'accompagnaient, et qui à sa voix s'élancèrent contre la muraille.

— Un instant, un instant, dit en riant Coconnas. Pour arrêter les gens il vous faut une prise de corps et vous avez négligé de la demander au prévôt.

Et à ces paroles il engagea l'épée avec celui des jeunes gens qui se trouvait le plus proche de lui, et au premier dégagement lui abattit le poignet avec sa rapière. Le malheureux se recula en hurlant.

— Et d'un! dit Coconnas. Au même instant, la fenêtre sous laquelle Coconnas avait cherché un abri s'ouvrit en grinçant. Coconnas fit un soubresaut, craignant une attaque de ce côté; mais, au lieu d'un ennemi, ce fut une femme qu'il aperçut; au lieu de l'arme meurtrière qu'il s'apprêtait à combattre, ce fut un bouquet qui tomba à ses pieds.

— Tiens! une femme! dit-il.

Il salua la dame de son épée et se baissa pour ramasser le bouquet.

— Prenez garde, brave catholique, prenez garde, s'écria la dame.

Coconnas se releva, mais pas si rapidement que le poignard du second neveu ne fendît son manteau et n'entamât l'autre épaule.

La dame jeta un cri perçant.