— Difficile du moins, dit Catherine; car si nous avions su cela à la Saint-Barthélemy… hein, René! Quelle riche récolte! Le premier condamné… j'y songerai. En attendant, demeurons dans le cercle du possible… La chambre des sacrifices est-elle préparée?
— Oui, madame.
— Passons-y.
René alluma une bougie faite d'éléments étranges et dont l'odeur, tantôt subtile et pénétrante, tantôt nauséabonde et fumeuse, révélait l'introduction de plusieurs matières: puis éclairant Catherine, il passa le premier dans la cellule.
Catherine choisit elle-même parmi tous les instruments de sacrifice un couteau d'acier bleuissant, tandis que René allait chercher une des deux poules qui roulaient dans un coin leur oeil d'or inquiet.
— Comment procéderons-nous?
— Nous interrogerons le foie de l'une et le cerveau de l'autre. Si les deux expériences nous donnent les mêmes résultats, il faudra bien croire, surtout si ces résultats se combinent avec ceux précédemment obtenus.
— Par où commencerons-nous?
— Par l'expérience du foie.
— C'est bien, dit René. Et il attacha la poule sur le petit autel à deux anneaux placés aux deux extrémités, de manière que l'animal renversé sur le dos ne pouvait que se débattre sans bouger de place. Catherine lui ouvrit la poitrine d'un seul coup de couteau.