Marguerite sourit.

— Au moins est-ce toujours M. de La Mole? demanda Henri.

— Non, Sire, c'est M. de Mouy.

— Lui? s'écria Henri avec une surprise mêlée de joie; il n'est donc pas chez le duc d'Alençon, alors? oh! faites-le venir, que je lui parle…

Marguerite courut au cabinet, l'ouvrit, et prenant de Mouy par la main l'amena sans préambule devant le roi de Navarre.

— Ah! madame, dit le jeune huguenot avec un accent de reproche plus triste qu'amer, vous me trahissez malgré votre promesse, c'est mal. Que diriez vous si je me vengeais en disant…

— Vous ne vous vengerez pas, de Mouy, interrompit Henri en serrant la main du jeune homme, ou du moins vous m'écouterez auparavant. Madame, continua Henri en s'adressant à la reine, veillez, je vous prie, à ce que personne ne nous écoute.

Henri achevait à peine ces mots, que Gillonne arriva tout effarée et dit à l'oreille de Marguerite quelques mots qui la firent bondir de son siège. Pendant qu'elle courait vers l'antichambre avec Gillonne, Henri, sans s'inquiéter de la cause qui l'appelait hors de l'appartement, visitait le lit, la ruelle, les tapisseries et sondait du doigt les murailles. Quant à M. de Mouy, effarouché de tous ces préambules, il s'assurait préalablement que son épée ne tenait pas au fourreau.

Marguerite, en sortant de sa chambre à coucher, s'était élancée dans l'antichambre et s'était trouvée en face de La Mole, lequel, malgré toutes les prières de Gillonne, voulait à toute force entrer chez Marguerite.

Coconnas se tenait derrière lui, prêt à le pousser en avant ou à soutenir la retraite.