— Malade! répéta Catherine sans qu'un muscle de son visage dénonçât l'intérêt qu'elle prenait à sa réponse. Quelque fatigue de paresseuse.
— Non pas, madame, reprit la princesse. Elle se plaint d'un violent mal de tête et d'une faiblesse qui l'empêche de marcher.
Catherine ne répondit rien; mais pour cacher sa joie, sans doute, elle se retourna vers la fenêtre, et voyant Henri qui traversait la cour à la suite de son entretien avec de Mouy, elle se leva pour mieux le regarder, et, poussée par cette conscience qui bouillonne toujours, quoique invisiblement, au fond des coeurs les plus endurcis au crime:
— Ne semblerait-il pas, demanda-t-elle à son capitaine des gardes, que mon fils Henri est plus pâle ce matin que d'habitude?
Il n'en était rien; Henri était fort inquiet d'esprit, mais fort sain de corps.
Peu à peu les personnes qui assistaient d'habitude au lever de la reine se retirèrent; trois ou quatre restaient, plus familières que les autres; Catherine impatiente les congédia en disant qu'elle voulait rester seule.
Lorsque le dernier courtisan fut sorti, Catherine ferma la porte derrière lui, et allant à une armoire secrète cachée dans l'un des panneaux de sa chambre, elle en fit glisser la porte dans une rainure de la boiserie et en tira un livre dont les feuillets froissés annonçaient les fréquents services.
Elle posa le livre sur une table, l'ouvrit à l'aide d'un signet, appuya son coude sur la table et la tête sur sa main.
— C'est bien cela, murmura-t-elle tout en lisant; mal de tête, faiblesse générale, douleurs d'yeux, enflure du palais. On n'a encore parlé que des maux de tête et de la faiblesse… les autres symptômes ne se feront pas attendre.
Elle continua: