— Voici, sur ma parole, un bien galant homme, dit La Mole se parlant à lui-même; ne pourrai-je point trouver le pareil pour me conduire chez le roi de Navarre.
— Mais tonnez donc la lettre, continua le gentilhomme allemand en étendant la main vers Coconnas qui hésitait.
— Mordi! reprit le Piémontais, défiant comme un demi-Italien, je ne sais si je dois… Je n'ai pas l'honneur de vous connaître, moi, monsieur.
— Je suis Pesme. J'abbartiens à M. le dugue de Gouise.
— Pesme, murmura Coconnas; je ne connais pas ce nom là.
— C'est monsieur de Besme, mon gentilhomme, dit la sentinelle. La prononciation vous trompe, voilà tout. Donnez votre lettre à monsieur, allez, j'en réponds.
— Ah! monsieur de Besme, s'écria Coconnas, je le crois bien si je vous connais! … comment donc! avec le plus grand plaisir. Voici ma lettre. Excusez mon hésitation. Mais on doit hésiter quand on veut être fidèle.
— Pien, pien, dit de Besme, il n'y afre pas besoin d'exguses.
— Ma foi, monsieur, dit La Mole en s'approchant à son tour, puisque vous êtes si obligeant, voudriez-vous vous charger de ma lettre comme vous venez de le faire de celle de mon compagnon?
— Comment fous abbelez-vous?