— Merci, dit La Mole, sans paraître remarquer le terme de mépris employé par la sentinelle. Voilà tout ce que je voulais savoir.

Et se dirigeant aussitôt vers le chef des cavaliers:

— Monsieur, dit-il en l'abordant, j'apprends que vous êtes monsieur de Mouy.

— Oui, monsieur, répondit l'officier avec politesse.

— Votre nom, bien connu parmi ceux de la religion, m'enhardit à m'adresser à vous, monsieur, pour vous demander un service.

— Lequel, monsieur?… Mais, d'abord, à qui ai-je l'honneur de parler?

— Au comte Lerac de La Mole. Les deux jeunes gens se saluèrent.

— Je vous écoute, monsieur, dit de Mouy.

— Monsieur, j'arrive d'Aix, porteur d'une lettre de M. d'Auriac, gouverneur de la Provence. Cette lettre est adressée au roi de Navarre et contient des nouvelles importantes et pressées… Comment puis-je lui remettre cette lettre? comment puis-je entrer au Louvre?

— Rien de plus facile que d'entrer au Louvre, monsieur, répliqua de Mouy; seulement, je crains que le roi de Navarre ne soit trop occupé à cette heure pour vous recevoir. Mais n'importe, si vous voulez me suivre, je vous conduirai jusqu'à son appartement. Le reste vous regarde.