— Oui, madame. Oh! mon Dieu! aurais-je le bonheur que mon nom fût connu de Votre Majesté?
— Je l'ai entendu prononcer par le roi mon mari, et par mon frère le duc d'Alençon. Je sais que vous êtes attendu.
Et elle glissa dans son corsage, tout raide de broderies et de diamants, cette lettre qui sortait du pourpoint du jeune homme, et qui était encore tiède de la chaleur de sa poitrine. La Mole suivait avidement des yeux chaque mouvement de Marguerite.
— Maintenant, monsieur, dit-elle, descendez dans la galerie au- dessous, et attendez jusqu'à ce qu'il vienne quelqu'un de la part du roi de Navarre ou du duc d'Alençon. Un de mes pages va vous conduire.
À ces mots Marguerite continua son chemin. La Mole se rangea contre la muraille. Mais le passage était si étroit, et le vertugadin de la reine de Navarre si large, que sa robe de soie effleura l'habit du jeune homme, tandis qu'un parfum pénétrant s'épandait là où elle avait passé.
La Mole frissonna par tout son corps, et, sentant qu'il allait tomber, chercha un appui contre le mur.
Marguerite disparut comme une vision.
— Venez-vous, monsieur? dit le page chargé de conduire La Mole dans la galerie inférieure.
— Oh! oui, oui, s'écria La Mole enivré, car comme le jeune homme lui indiquait le chemin par lequel venait de s'éloigner Marguerite, il espérait, en se hâtant, la revoir encore.
En effet en arrivant au haut de l'escalier, il l'aperçut à l'étage inférieur; et soit hasard, soit que le bruit de ses pas fût arrivé jusqu'à elle, Marguerite ayant relevé la tête, il put la voir encore une fois.