— C'est justement là que nous allons.
— M. de Guise m'y attend.
— Nous aussi.
— Mais j'ai un mot de passe particulier, continua Coconnas un peu mortifié de partager l'honneur de son audience avec le sire de Maurevel et maître La Hurière.
— Nous aussi.
— Mais j'ai un signe de reconnaissance. Maurevel sourit, tira de dessous son pourpoint une poignée de croix en étoffe blanche, en donna une à La Hurière, une à Coconnas, et en prit une pour lui. La Hurière attacha la sienne à son casque, Maurevel en fit autant de la sienne à son chapeau.
— Oh çà! dit Coconnas stupéfait, le rendez-vous, le mot d'ordre, le signe de ralliement, c'est donc pour tout le monde?
— Oui, monsieur; c'est-à-dire pour tous les bons catholiques.
— Il y a fête au Louvre alors, banquet royal, n'est-ce pas? s'écria Coconnas, et l'on en veut exclure ces chiens de huguenots?… Bon! bien! à merveille! Il y a assez longtemps qu'ils y paradent.
— Oui, il y a fête au Louvre, dit Maurevel, il y a banquet royal, et les huguenots y seront conviés… Il y a plus, ils seront les héros de la fête, ils paieront le banquet, et, si vous voulez bien être des nôtres, nous allons commencer par aller inviter leur principal champion, leur Gédéon, comme ils disent.