Au même moment un bruit éclatant les fit tressaillir. La Mole se rejeta en arrière plein d'un vague effroi; Marguerite poussa un cri, demeura les yeux fixés sur la vitre brisée d'une fenêtre.
Par cette vitre un caillou de la grosseur d'un oeuf venait d'entrer; il roulait encore sur le parquet. La Mole vit à son tour le carreau cassé et reconnut la cause du bruit.
— Quel est l'insolent?… s'écria-t-il. Et il s'élança vers la fenêtre.
— Un moment, dit Marguerite; à cette pierre est attaché quelque chose, ce me semble.
— En effet, dit La Mole, on dirait un papier.
Marguerite se précipita sur l'étrange projectile, et arracha la mince feuille qui, pliée comme un étroit ruban, enveloppait le caillou par le milieu.
Ce papier était maintenu par une ficelle, laquelle sortait par l'ouverture de la vitre cassée.
Marguerite déplia la lettre et lut.
— Malheureux! s'écria-t-elle. Elle tendit le papier à La Mole pâle, debout et immobile comme la statue de l'Effroi. La Mole, le coeur serré d'une douleur pressentimentale, lut ces mots: «On attend M. de La Mole avec de longues épées dans le corridor qui conduit chez M. d'Alençon. Peut-être aimerait-il mieux sortir par cette fenêtre et aller rejoindre M. de Mouy à Mantes…»
— Eh! demanda La Mole après avoir lu, ces épées sont-elles donc plus longues que la mienne?