Les yeux de La Mole se fixèrent sur ceux de Marguerite avec une profonde anxiété.
— Vous avez ma parole, dit la reine, partout où vous irez, je vous suis; mais vous le savez, il faut que M. d'Alençon parte en même temps que nous. Pas de milieu avec lui, il nous sert ou il nous trahit; s'il hésite, ne bougeons pas.
— Sait-il quelque chose de ce projet, monsieur de la Mole? demanda Henri.
— Il a dû, il y a quelques jours, recevoir une lettre de
M. de Mouy.
— Ah! ah! dit Henri, et il ne m'a parlé de rien!
— Défiez-vous, monsieur, dit Marguerite, défiez-vous.
— Soyez tranquille, je suis sur mes gardes. Comment faire tenir une réponse à M. de Mouy?
— Ne vous inquiétez de rien, Sire. À droite ou à gauche de Votre Majesté, visible ou invisible, demain, pendant la réception des ambassadeurs, il sera là: un mot dans le discours de la reine qui lui fasse comprendre si vous consentez ou non, s'il doit fuir ou vous attendre. Si le duc d'Alençon refuse, il ne demande que quinze jours pour tout réorganiser en votre nom.
— En vérité, dit Henri, de Mouy est un homme précieux. Pouvez- vous intercaler dans votre discours la phrase attendue, madame?
— Rien de plus facile, répondit Marguerite.