— Le soir où l'on vint pour arrêter le roi de Navarre. J'eus si grand-peur en voyant des soldats, que je criai, j'appelai; l'un d'eux me donna un coup sur la tête et je tombai évanoui.
— Pauvre garçon! Et te voilà bien rétabli, maintenant?
— Oui, madame.
— De sorte que tu cherches le roi de Navarre pour rentrer chez lui?
— Non, madame. Le roi de Navarre, ayant appris que j'avais osé résisté aux ordres de Votre Majesté, m'a chassé sans miséricorde.
— Vraiment! dit Catherine avec une intonation pleine d'intérêt. Eh bien, je me charge de cette affaire. Mais si tu attends madame de Sauve, tu l'attendras inutilement; elle est occupée au-dessus d'ici, chez moi, dans mon cabinet.
Et Catherine, pensant qu'Orthon n'avait peut-être pas eu le temps de cacher le billet derrière la glace, entra dans le cabinet de madame de Sauve pour laisser toute liberté au jeune homme.
Au même moment, et comme Orthon, inquiet de cette arrivée inattendue de la reine mère, se demandait si cette arrivée ne cachait pas quelque complot contre son maître, il entendit frapper trois petits coups au plafond; c'était le signal qu'il devait lui- même donner à son maître dans le cas de danger, quand son maître était chez madame de Sauve et qu'il veillait sur lui.
Ces trois coups le firent tressaillir; une révélation mystérieuse l'éclaira, et il pensa que cette fois l'avis était donné à lui- même; il courut donc au miroir, et en retira le billet qu'il y avait déjà posé.
Catherine suivait, à travers une ouverture de la tapisserie, tous les mouvements de l'enfant; elle le vit s'élancer vers le miroir, mais elle ne sut si c'était pour y cacher le billet ou pour l'en retirer.