Il ne s'en rendit pas moins près de son frère avec un empressement calculé.
Charles était debout et sifflait entre ses dents un hallali sur pied.
En entrant, le duc d'Alençon surprit dans l'oeil vitreux de Charles un de ces regards envenimés de haine qu'il connaissait si bien.
— Votre Majesté m'a fait demander, me voici, Sire, dit-il. Que désire de moi Votre Majesté?
— Je désire vous dire, mon bon frère, que, pour récompenser cette grande amitié que vous me portez, je suis décidé à faire aujourd'hui pour vous la chose que vous désirez le plus.
— Pour moi?
— Oui, pour vous. Cherchez dans votre esprit quelle chose vous rêvez depuis quelque temps sans oser me la demander, et cette chose, je vous la donne.
— Sire, dit François, j'en jure à mon frère, je ne désire que la continuation de la bonne santé du roi.
— Alors vous devez être satisfait, d'Alençon; l'indisposition que j'ai éprouvée à l'époque de l'arrivée des Polonais est passée. J'ai échappé, grâce à Henriot, à un sanglier furieux qui voulait me découdre, et je me porte de façon à n'avoir rien à envier au mieux portant de mon royaume; vous pouviez donc sans être mauvais frère désirer autre chose que la continuation de ma santé, qui est excellente.
— Je ne désirais rien, Sire.