— Avez-vous confiance en moi, d'Alençon?

— Oui, ma mère.

— Voulez-vous m'obéir aveuglément à l'égard de Henri, que vous n'aimez pas, quoi que vous en disiez? D'Alençon sourit.

— Et que je déteste, moi, continua Catherine.

— Oui, j'obéirai.

— Après-demain, venez chercher le livre ici, je vous le donnerai, vous le porterez à Henri… et…

— Et…?

— Laissez Dieu, la Providence ou le hasard faire le reste. François connaissait assez sa mère pour savoir qu'elle ne s'en rapportait point d'habitude à Dieu, à la Providence ou au hasard du soin de servir ses amitiés ou ses haines; mais il se garda d'ajouter un seul mot, et saluant en homme qui accepte la commission dont on le charge, il se retira chez lui.

— Que veut-elle dire? pensa le jeune homme en montant l'escalier, je n'en sais rien. Mais ce qu'il y a de clair pour moi dans tout ceci, c'est qu'elle agit contre un ennemi commun. Laissons-la faire.

Pendant ce temps, Marguerite, par l'intermédiaire de La Mole, recevait une lettre de De Mouy. Comme en politique les deux illustres conjoints n'avaient point de secret, elle décacheta cette lettre et la lut.