— Soit, madame, répondit Henri, ce n'est pas moi qui vous démentirai.
— Allons, Sire, devenez un héros; ce n'est pas difficile; vous n'avez qu'à suivre votre route; et faites-moi un beau trône, dit la fille de Henri II.
Un imperceptible sourire effleura la lèvre fine du Béarnais. Il baisa la main de Marguerite et sortit le premier, pour explorer le passage, tout en fredonnant le refrain d'une vieille chanson:
Cil qui mieux battit la muraille N'entra point dedans le chasteau.
La précaution n'était pas mauvaise: au moment où il ouvrait la porte de sa chambre à coucher, le duc d'Alençon ouvrait celle de son antichambre; il fit de la main un signe à Marguerite, puis tout haut:
— Ah! c'est vous, mon frère, dit-il, soyez le bienvenu. Au signe de son mari, la reine avait tout compris et s'était jetée dans un cabinet de toilette, devant la porte duquel pendait une énorme tapisserie.
Le duc d'Alençon entra d'un pas craintif en regardant tout autour de lui.
— Sommes-nous seuls, mon frère? demanda-t-il à demi-voix.
— Parfaitement seuls. Qu'y a-t-il donc? vous paraissez tout bouleversé.
— Il y a que nous sommes découverts, Henri.