«Arrêt rendu par la cour séant au donjon de Vincennes contre Marc- Annibal de Coconnas, atteint et convaincu du crime de lèse- majesté, de tentative d'empoisonnement, de sortilège et de magie contre la personne du roi, du crime de conspiration contre la sûreté de l'État, comme aussi pour avoir entraîné, par ses pernicieux conseils, un prince du sang à la rébellion…»
À chacune de ces imputations, Coconnas avait hoché la tête en battant la mesure comme font les écoliers indociles.
Le juge continua:
«En conséquence de quoi, sera ledit Marc-Annibal de Coconnas conduit de la prison à la place Saint-Jean-en-Grève pour y être décapité; ses biens seront confisqués, ses hautes futaies coupées à la hauteur de six pieds, ses châteaux ruinés, et en l'air un poteau planté avec une plaque de cuivre qui constatera le crime et le châtiment…»
— Pour ma tête, dit Coconnas, je crois bien qu'on la tranchera, car elle est en France et fort aventurée même. Quant à mes bois de haute futaie, et quant à mes châteaux je défie toutes les scies et toutes les pioches du royaume très chrétien de mordre dedans.
— Silence! fit le juge. Et il continua: «De plus sera ledit
Coconnas…»
— Comment! interrompit Coconnas, il me sera fait quelque chose encore après la décapitation? Oh! oh! cela me paraît bien sévère.
— Non, monsieur, dit le juge: avant…
Et il reprit:
«Et sera de plus ledit Coconnas, avant l'exécution du jugement, appliqué à la question extraordinaire qui est des dix coins.»