— Quant à toi, bon La Mole, dit-il, tu me fais injure en pensant un instant que je puisse te quitter. N'ai-je pas juré de vivre et de mourir avec toi? Mais tu souffres tant, pauvre ami, que je te pardonne.
Et il se recoucha résolument près de son ami, vers lequel il pencha sa tête et dont il effleura le front avec ses lèvres.
Puis il attira doucement, doucement, comme une mère ferait pour son enfant, la tête de son ami, qui glissa contre la muraille et vint se reposer sur sa poitrine.
Marguerite était sombre. Elle avait ramassé le poignard que venait de laisser tomber Coconnas.
— Ô ma reine, dit, en étendant les bras vers elle, La Mole, qui comprenait sa pensée; ô ma reine, n'oubliez pas que je meurs pour éteindre jusqu'au moindre soupçon de notre amour!
— Mais que puis-je donc faire pour toi, s'écria Marguerite désespérée, si je ne puis pas même mourir avec toi?
— Tu peux faire, dit La Mole, tu peux faire que la mort me sera douce, et viendra en quelque sorte à moi avec un visage souriant.
Marguerite se rapprocha de lui en joignant les mains comme pour lui dire de parler.
— Te rappelles-tu ce soir, Marguerite, où, en échange de ma vie que je t'offrais alors et que je te donne aujourd'hui, tu me fis une promesse sacrée?…
Marguerite tressaillit.