— Oui. Charles, avant de mourir, veut savoir ce qu'il y a à craindre ou à espérer de vous; et de votre réponse à ses offres, faites-y attention, dépendront les derniers ordres qu'il donnera, c'est-à-dire votre mort ou votre vie.

— Mais que doit-il donc m'offrir?

— Que sais-je, moi! des choses impossibles, probablement.

— Enfin, ne devinez-vous pas, ma mère?

— Non; mais je suppose, par exemple… Catherine s'arrêta.

— Quoi?

— Je suppose que, vous croyant ces vues ambitieuses qu'on lui a dites, il veuille acquérir de votre bouche même la preuve de cette ambition. Supposez qu'il vous tente comme autrefois on tentait les coupables, pour provoquer un aveu sans torture; supposez, continua Catherine en regardant fixement Henri, qu'il vous propose un gouvernement, la régence même.

Une joie indicible s'épandit dans le coeur oppressé de Henri; mais il devina le coup, et cette âme vigoureuse et souple rebondit sous l'attaque.

— À moi? dit-il, le piège serait trop grossier; à moi la régence, quand il y a vous, quand il y a mon frère d'Alençon? Catherine se pinça les lèvres pour cacher sa satisfaction.

— Alors, dit-elle vivement, vous renoncez à la régence? «Le roi est mort, pensa Henri, et c'est elle qui me tend un piège.» Puis tout haut: