Et le mouvement nerveux de sa main qui s'agitait malgré lui sur l'épaule de son compagnon, comme eussent fait les doigts d'un instrumentiste sur les touches d'un clavier, trahissait son ardente impatience si mal déguisée en certains moments, et dans ce moment surtout, sous l'air glacial et sombre de la figure.

On entendit alors le chef de la députation bourgeoise interpeller le député pour lui faire dire où se trouvaient les autres députés ses collègues.

—Messieurs, répéta pour la seconde fois M. Bowelt, je vous dis que dans ce moment je suis seul avec M. d'Asperen, et je ne puis prendre une décision à moi seul.

—L'ordre! l'ordre! crièrent plusieurs milliers de voix.

M. Bowelt voulut parler, mais on n'entendit pas ses paroles et l'on vit seulement ses bras s'agiter en gestes multiples et désespérés.

Mais voyant qu'il ne pouvait se faire entendre, il se retourna vers la fenêtre ouverte et appela M. d'Asperen.

M. d'Asperen parut à son tour au balcon, où il fut salué de cris plus énergiques encore que ceux qui avaient, dix minutes auparavant, accueilli M. Bowelt.

Il n'entreprit pas moins cette tâche difficile de haranguer la multitude; mais la multitude préféra forcer la garde des États, qui d'ailleurs n'opposa aucune résistance au peuple souverain, à écouter la harangue de M. d'Asperen.

—Allons, dit froidement le jeune homme pendant que le peuple s'engouffrait par la porte principale du Hoogstraat, il paraît que la délibération aura lieu à l'intérieur, colonel. Allons entendre la délibération.

—Ah! monseigneur, monseigneur, prenez garde!