L'officier s'inclina et suivit son maître sans répondre.
La foule était immense sur la place et aux abords de la prison. Mais les cavaliers de Tilly la contenaient toujours avec le même bonheur et surtout avec la même fermeté.
Bientôt, le comte entendit la rumeur croissante que faisait en s'approchant ce flux d'hommes, dont il aperçut bientôt les premières vagues roulant avec la rapidité d'une cataracte qui se précipite.
En même temps, il aperçut le papier qui flottait en l'air, au-dessus des mains crispées et des armes étincelantes.
—Eh! fit-il en se levant sur ses étriers et en touchant son lieutenant du pommeau de son épée, je crois que les misérables ont leur ordre.
—Lâches coquins! cria le lieutenant.
C'était en effet l'ordre, que la compagnie des bourgeois reçut avec des rugissements joyeux. Elle s'ébranla aussitôt et marcha les armes basses et en poussant de grands cris à l'encontre des cavaliers du comte de Tilly.
Mais le comte n'était pas homme à les laisser approcher plus que de mesure.
—Halte! cria-t-il, halte! et que l'on dégage le poitrail de mes chevaux, ou je commande: En avant!
—Voici l'ordre! répondirent cent voix insolentes.