—Il est, en effet, fort ému; mais quand il nous verra, comme nous ne lui avons jamais fait que du bien, peut-être se calmera-t-il.
—Ce n'est malheureusement pas une raison, murmura la jeune fille en s'éloignant pour obéir à un signe impératif que lui avait fait son père.
—Non, mon enfant, non; c'est vrai ce que tu dis là.
Puis, continuant son chemin:
—Voilà, murmura-t-il, une petite fille qui ne sait probablement pas lire et qui par conséquent n'a rien lu, et qui vient de résumer l'histoire du monde dans un seul mot.
Et toujours aussi calme, mais plus mélancolique qu'en entrant, l'ex-grand pensionnaire continua de s'acheminer vers la chambre de son frère.
II
LES DEUX FRÈRES
Comme l'avait dit dans un doute plein de pressentiments la belle Rosa, pendant que Jean de Witt montait l'escalier de pierre aboutissant à la prison de son frère Corneille, les bourgeois faisaient de leur mieux pour éloigner la troupe de Tilly qui les gênait.
Ce que voyant, le peuple, qui appréciait les bonnes intentions de sa milice, criait à tue-tête:—Vivent les bourgeois!