—Et pourquoi vous haïrait-il?

—Voulez-vous que je vous le dise? s'écria Maurice.

—Sans doute, reprit Geneviève.

—Eh bien, parce que je....

Maurice s'arrêta. Il allait dire: «Parce que je vous aime.»

—Je ne puis vous dire pourquoi, reprit Maurice en rougissant. Le farouche républicain, près de Geneviève, était timide et hésitant comme une jeune fille. Geneviève sourit.

—Dites, reprit-elle, qu'il n'y a pas de sympathie entre vous, et je vous croirai peut-être. Vous êtes une nature ardente, un esprit brillant, un homme recherché; Morand est un marchand greffé sur un chimiste. Il est timide, il est modeste... et c'est cette timidité et cette modestie qui l'empêchent de faire le premier pas au-devant de vous.

—Eh! qui lui demande de faire le premier pas au-devant de moi? J'en ai fait cinquante, moi, au-devant de lui; il ne m'a jamais répondu. Non, continua Maurice en secouant la tête; non, ce n'est certes point cela.

—Eh bien, qu'est-ce alors?

Maurice préféra se taire.