—Mais les lettres que le citoyen a lues hier avant de se coucher. Maurice ne se souvenait pas d'en avoir lu une seule.
—Brûlez tout, dit-il.
—Voici celles d'aujourd'hui, citoyen, dit l'officieux. Il présenta un paquet de lettres à Maurice et alla jeter les autres dans la cheminée. Maurice prit le papier qu'on lui présentait, sentit sous ses doigts l'épaisseur d'une cire, et crut vaguement reconnaître un parfum ami. Il chercha parmi les lettres, et vit un cachet et une écriture qui le firent tressaillir. Cet homme, si fort en face de tout danger, pâlissait à la seule odeur d'une lettre. L'officieux s'approcha de lui pour lui demander ce qu'il avait; mais Maurice lui fit de la main signe de sortir. Maurice tournait et retournait cette lettre; il avait le pressentiment qu'elle renfermait un malheur pour lui, et il tressaillit comme on tremble devant l'inconnu.
Cependant il rappela tout son courage, l'ouvrit et lut ce qui suit:
«Citoyen Maurice, «Il faut que nous rompions des liens qui, de votre côté, affectent de dépasser les lois de l'amitié. Vous êtes un homme d'honneur, citoyen, et, maintenant qu'une nuit s'est écoulée sur ce qui s'est passé entre nous hier au soir, vous devez comprendre que votre présence est devenue impossible à la maison. Je compte sur vous pour trouver telle excuse qu'il vous plaira près de mon mari. En voyant arriver aujourd'hui même une lettre de vous pour M. Dixmer, je me convaincrai qu'il faut que je regrette un ami malheureusement égaré, mais que toutes les convenances sociales m'empêchent de revoir.
«Adieu pour toujours.
«GENEVIÈVE.»
«P.-S.—Le porteur attend la réponse.»
Maurice appela: le valet de chambre reparut.
—Qui a apporté cette lettre?