—Bon, citoyenne Plumeau; mais le vin de Saumur, à mon avis du moins, ne vaut rien sans le fromage de Brie, répondit le capitaine, qui, avant d'émettre ce système, avait regardé avec soin autour de lui et avait remarqué parmi les différents comestibles, qu'étalaient orgueilleusement les rayons de la cantine, l'absence de ce comestible apprécié par lui.

—Ah! mon capitaine, c'est comme un fait exprès, mais le dernier morceau vient d'être enlevé.

—Alors, dit le capitaine, pas de fromage de Brie, pas de vin de Saumur; et remarque, citoyenne, que la consommation en valait la peine, attendu que je comptais en offrir à toute la compagnie.

—Mon capitaine, je te demande cinq minutes et je cours en chercher chez le citoyen concierge qui me fait concurrence, et qui en a toujours; je le payerai plus cher, mais tu es trop bon patriote pour ne pas m'en dédommager.

—Oui, oui, va, répondit Dixmer, et nous, pendant ce temps, nous allons descendre à la cave et choisir nous-mêmes notre vin.

—Fais comme chez toi, capitaine, fais. Et la veuve Plumeau se mit à courir de toutes ses forces vers la loge du concierge, tandis que le capitaine et le chasseur, munis d'une chandelle, soulevaient la trappe et descendaient dans la cave.

—Bon! dit Morand après un instant d'examen, la cave s'avance dans la direction de la rue Porte-Foin. Elle est profonde de neuf à dix pieds, et il n'y a aucune maçonnerie.

—Quelle est la nature du sol? demanda Dixmer.

—Tuf crayeux. Ce sont des terres rapportées; tous ces jardins ont été bouleversés à plusieurs reprises, il n'y a de roche nulle part.

—Vite, s'écria Dixmer, j'entends les sabots de notre vivandière; prenez deux bouteilles de vin et remontons.