—Le citoyen Maurice Lindey, dit Dixmer d'un ton qu'il s'efforçait de rendre indifférent.
—Et pourquoi n'est-il pas venu? demanda Geneviève en faisant, de son côté, le même effort sur elle-même.
—Il était malade.
—Malade, lui?
—Oui, et assez gravement même. Patriote, comme vous le connaissez, il a été forcé de céder son tour à un autre.
—Oh! mon Dieu! y eût-il été, Geneviève, reprit Dixmer, vous comprenez, maintenant, que c'eût été la même chose.
Brouillés comme nous le sommes, peut-être eût-il évité de me parler.
—Je crois, mon ami, dit Geneviève, que vous vous exagérez la gravité de la situation. M. Maurice peut avoir le caprice de ne plus venir ici, quelques raisons futiles de ne plus nous voir; mais il n'est point, pour cela, notre ennemi. La froideur n'exclut pas la politesse, et, en vous voyant venir à lui, je suis certaine qu'il eût fait la moitié du chemin.
—Geneviève, dit Dixmer, pour ce que nous attendions de Maurice, il faudrait plus que de la politesse, et ce n'était point trop d'une amitié réelle et profonde. Cette amitié est brisée; il n'y a donc plus d'espoir de ce côté-là.
Et Dixmer poussa un profond soupir, tandis que son front, d'ordinaire si calme, se plissait tristement.