Geneviève sentit son cœur, un instant à l'aise, se comprimer de nouveau.

—Oh! mon Dieu! dit-elle, et Dixmer qui ne dîne pas ici, Dixmer qui comptait vous retrouver à son retour et m'avait recommandé de vous retenir ici!

—Ah! alors je comprends votre insistance, madame. Il y avait un ordre de votre mari. Et moi qui ne devinais point cela! En vérité, je ne me corrigerai jamais de mes fatuités.

—Maurice!

—Mais c'est à moi, madame, de m'arrêter à vos actions plutôt qu'à vos paroles; c'est à moi de comprendre que, si Dixmer n'est point ici, raison de plus pour que je n'y reste pas. Son absence serait un surcroît de gêne pour vous.

—Pourquoi cela? demanda timidement Geneviève.

—Parce que, depuis mon retour, vous semblez prendre à tâche de m'éviter; parce que j'étais revenu, pour vous, pour vous seule, vous le savez, mon Dieu! et que, depuis que je suis revenu, j'ai sans cesse trouvé d'autres que vous.

—Allons, dit Geneviève, vous voilà encore fâché, mon ami, et cependant je fais de mon mieux.

—Non pas, Geneviève, vous pouvez mieux faire encore: c'est de me recevoir comme auparavant, ou de me chasser tout à fait.

—Voyons, Maurice, dit tendrement Geneviève, comprenez ma situation, devinez mes angoisses, et ne faites pas davantage le tyran avec moi.