—Eh bien! oui, oui, citoyen, laisse ton ami accomplir sa bonne action.

—Comment cela?

—En me reconduisant jusque chez moi, en me protégeant tout le long de la route.

—Maurice! Maurice! dit Lorin, songe à ce que tu vas faire; tu te compromets horriblement.

—Je le sais bien, répondit le jeune homme; mais que veux-tu! si je l'abandonne, pauvre femme, elle sera arrêtée à chaque pas par les patrouilles.

—Oh! oui, oui, tandis qu'avec vous, monsieur... tandis qu'avec toi, citoyen, je veux dire, je suis sauvée.

—Tu l'entends, sauvée! dit Lorin. Elle court donc un grand danger?

—Voyons, mon cher Lorin, dit Maurice, soyons justes. C'est une bonne patriote ou c'est une aristocrate. Si c'est une aristocrate, nous avons eu tort de la protéger; si c'est une bonne patriote, il est de notre devoir de la préserver.

—Pardon, pardon, cher ami, j'en suis fâché pour Aristote; mais ta logique est stupide. Te voilà comme celui qui dit:

Iris m'a volé ma raison
Et me demande ma sagesse.