—Du côté du Jardin des Plantes.

—C'est bien; allons.

—Ah! mon Dieu! monsieur, dit l'inconnue, je vois bien que je vous gêne; mais sans le malheur qui m'est arrivé, et si je croyais ne courir qu'un danger ordinaire, croyez bien que je n'abuserais pas ainsi de votre générosité.

—Mais enfin, madame, dit Maurice, qui, dans le tête-à-tête, oubliait le langage imposé par le vocabulaire de la République et en revenait à son langage d'homme, comment se fait-il, en conscience, que vous soyez à cette heure dans les rues de Paris? Voyez si, excepté nous, il s'y trouve une seule personne.

—Monsieur, je vous l'ai dit; j'avais été faire une visite au faubourg du Roule. Partie à midi sans rien savoir de ce qui se passe, je revenais sans en rien savoir encore: tout mon temps s'est écoulé dans une maison un peu retirée.

—Oui, murmura Maurice, dans quelque maison de ci-devant, dans quelque repaire d'aristocrate. Avouez, citoyenne, que, tout en me demandant tout haut mon appui, vous riez tout bas de ce que je vous le donne.

—Moi! s'écria-t-elle, et comment cela?

—Sans doute; vous voyez un républicain vous servir de guide. Eh bien, ce républicain trahit sa cause, voilà tout.

—Mais, citoyen, dit vivement l'inconnue, vous êtes dans l'erreur, et j'aime autant que vous la République.

—Alors, citoyenne, si vous êtes bonne patriote, vous n'avez rien à cacher. D'où veniez-vous?