—Ah! il ne faut qu'une dénonciation en règle, dit-il, pour faire l'affaire; attendez cinq minutes et je l'apporte.

—Qu'est-ce donc? demanda le président.

—C'est, répondit le prisonnier, la courageuse citoyenne Tison qui dénonce les menées sourdes du partisan de l'aristocratie, Maurice, et les ramifications d'un autre faux patriote de ses amis nommé Lorin.

—Prends garde, prends garde, Simon! Ton zèle pour la nation t'égare peut-être, dit le président; Maurice Lindey et Hyacinthe Lorin sont des éprouvés.

—On verra ça au tribunal, répliqua Simon.

—Songez-y bien, Simon, ce sera un procès scandaleux pour tous les bons patriotes.

—Scandaleux ou non, qu'est-ce que ça me fait, à moi? Est-ce que je crains le scandale, moi? On saura au moins toute la vérité sur ceux qui trahissent.

—Ainsi tu persistes à dénoncer au nom de la femme Tison?

—Je dénoncerai moi-même ce soir aux Cordeliers, et toi-même avec les autres, citoyen président, si tu ne veux pas décréter d'arrestation le traître Maurice.

—Eh bien, soit, dit le président, qui, selon l'habitude de ce malheureux temps, tremblait devant celui qui criait le plus haut. Eh bien, soit, on l'arrêtera.