Les fleurs, séparées, tourbillonnèrent un instant dans l'air. Les bouquets, entraînés par leur pesanteur, tombèrent plus rapidement; puis bouquets et fleurs, surnageant à la surface, suivirent le cours de l'eau.

—Tiens! dit Arthémise en regardant la bouquetière qui faisait un si étrange commerce, on dirait... mais oui... mais non... mais si.... Ah! que c'est bizarre!

La bouquetière mit un doigt sur ses lèvres comme pour prier Arthémise de garder le silence et disparut.

—Qu'est-ce donc? dit Lorin; connaissez-vous cette mortelle, déesse?

—Non. J'avais cru d'abord.... Mais certainement je me suis trompée.

—Cependant elle vous a fait signe, insista Lorin.

—Pourquoi donc est-elle bouquetière ce matin? se demanda Arthémise en s'interrogeant elle-même.

—Vous avouez donc que vous la connaissez, Arthémise? demanda Lorin.

—Oui, répondit Arthémise, c'est une bouquetière à laquelle j'achète quelquefois.

—Dans tous les cas, dit Lorin, cette bouquetière a de singulières façons de débiter sa marchandise.