—Pauvre Héloïse! s'écria l'ex-danseuse de l'Opéra, ce n'est point ma faute si je te trahis.

—Bien! bien! chère amie, dit Lorin en présentant un papier à Arthémise. Vous m'avez déjà gratifié du nom de baptême; donnez-moi maintenant le nom de famille et l'adresse.

—Oh! l'écrire, jamais, jamais! s'écria Arthémise; vous le dire, à la bonne heure.

—Dites-le donc, et soyez tranquille, je ne l'oublierai pas. Et Arthémise donna de vive voix le nom et l'adresse de la fausse bouquetière à Lorin. Elle s'appelait Héloïse Tison et demeurait rue des Nonandières, 24.

À ce nom, Lorin jeta un cri et s'enfuit à toutes jambes.

Il n'était pas au bout de la rue, qu'une lettre arrivait chez Arthémise. Cette lettre ne contenait que ces trois lignes:

«Pas un mot sur moi, chère amie; la révélation de mon nom me perdrait infailliblement.... Attends à demain pour me nommer, car ce soir j'aurai quitté Paris.

«Ton HÉLOÏSE.»

—Oh! mon Dieu! s'écria la future déesse, si j'avais pu deviner cela, j'eusse attendu jusqu'à demain.

Et elle s'élança vers la fenêtre pour rappeler Lorin, s'il était encore temps; mais il avait disparu.