Maurice se contenta de sourire et de tendre la main à son ami, en homme qui s'était dit à lui-même: «Je suis sûr de ne pas demeurer longtemps seul au banc des accusés.»
Les spectateurs regardaient avec un intérêt visible ces deux beaux jeunes gens, qu'accusait, comme un démon jaloux de la jeunesse et de la beauté, l'immonde cordonnier du Temple.
Celui-ci s'aperçut de la mauvaise impression qui commençait à s'appesantir sur lui. Il résolut de frapper le dernier coup.
—Citoyens, hurla-t-il, je demande que la généreuse citoyenne Tison soit entendue, je demande qu'elle parle, je demande qu'elle accuse.
—Citoyens, dit Lorin, je demande qu'auparavant, la jeune bouquetière qui vient d'être arrêtée et qu'on va sans doute amener devant vous, soit entendue.
—Non, dit Simon, c'est encore quelque faux témoin, quelque partisan des aristocrates; d'ailleurs, la citoyenne Tison brûle du désir d'éclairer la justice.
Pendant ce temps, Morin parlait à Maurice.
—Oui, crièrent les tribunes, oui, la déposition de la femme Tison; oui, oui, qu'elle dépose!
—La citoyenne Tison est-elle dans la salle? demanda le président.
—Sans doute qu'elle y est, s'écria Simon. Citoyenne Tison, dis donc que tu es là.