—Tu aurais infiniment mieux fait de laisser les choses suivre leur cours.

—Oui, et c'est toi qui, à cette heure, serais condamné à sa place. Puissamment raisonné, cher ami. Et moi qui venais te demander un conseil! Je te croyais plus fort que cela.

—Voyons, n'importe, demande toujours.

—Eh bien, comprends-tu? Pauvre fille, je voudrais tenter quelque chose pour la sauver. Si je donnais ou si je recevais pour elle quelque bonne torgnole, il me semble que cela me ferait du bien.

—Tu es fou, Lorin, dit Maurice en haussant les épaules.

—Voyons, si je faisais une démarche auprès du tribunal révolutionnaire?

—Il est trop tard, elle est condamnée.

—En vérité, dit Lorin, c'est affreux de voir périr ainsi cette jeune femme.

—D'autant plus affreux que c'est mon salut qui a entraîné sa mort. Mais, après tout, Lorin, ce qui doit nous consoler, c'est qu'elle conspirait.

—Eh! mon Dieu, est-ce que tout le monde ne conspire pas, peu ou beaucoup, par le temps qui court? Elle a fait comme tout le monde. Pauvre femme!