—Lui-même. On l'a suivi et on l'a perdu dans les environs du domicile de notre propriétaire de la rue de la Corderie; de sorte qu'on présume qu'ils logent ensemble.
—En effet, c'est probable.
—C'est sûr.
—Mais il me semble, Lorin, ajouta Maurice, que, si tu arrêtes ce soir celui qui nous a sauvés ce matin, tu manques quelque peu de reconnaissance.
—Allons donc! dit Lorin. Est-ce que tu crois qu'il nous a sauvés pour nous sauver?
—Et pourquoi donc?
—Pas du tout. Ils étaient embusqués là pour enlever la pauvre Héloïse Tison quand elle passerait. Nos égorgeurs les gênaient, ils sont tombés sur nos égorgeurs. Nous avons été sauvés par contrecoup. Or, comme tout est dans l'intention, et que l'intention n'y était pas, je n'ai pas à me reprocher la plus petite ingratitude. D'ailleurs, vois-tu, Maurice, le point capital c'est la nécessité; et il y a nécessité à ce que nous nous réhabilitions par un coup d'éclat. J'ai répondu de toi.
—À qui?
—À Santerre; il sait que tu commandes l'expédition.
—Comment cela? «—Es-tu sûr d'arrêter les coupables? a-t-il dit. «—Oui, ai-je répondu, si Maurice en est. «—Mais es-tu sûr de Maurice? Depuis quelque temps il tiédit. «—Ceux qui disent cela se trompent. Maurice ne tiédit pas plus que moi. «—Et tu en réponds? «—Comme de moi-même. «Alors j'ai passé chez toi, mais je ne t'ai pas trouvé; j'ai pris ensuite ce chemin, d'abord parce que c'était le mien, et ensuite parce que c'était celui que tu prends d'ordinaire; enfin, je t'ai rencontré, te voilà: en avant, marche!