—Ils avaient le mot de passe! s'écria Lorin; mais il y a donc un traître parmi nous?
—Non, non, citoyen Lorin, dit Santerre, on vous connaît, et l'on sait bien qu'il n'y a pas de traîtres parmi vous. Lorin regarda tout autour de lui, comme pour chercher ce traître dont il venait de proclamer la présence. Il rencontra le front sombre et l'œil vacillant de Maurice.
—Oh! murmura-t-il, que veut dire ceci?
—Cet homme ne peut être bien loin, dit Santerre; fouillons les environs; peut-être sera-t-il tombé dans quelque patrouille qui aura été plus habile que nous et qui ne s'y sera point laissé prendre.
—Oui, oui, cherchons, dit Lorin.
Et il saisit Maurice par le bras; et, sous prétexte de chercher, il l'entraîna hors du jardin.
—Oui, cherchons, dirent les soldats; mais, avant de chercher....
Et l'un d'eux jeta sa torche sous un hangar tout bourré de fagots et de plantes sèches.
—Viens, dit Lorin, viens. Maurice n'opposa aucune résistance. Il suivit Lorin comme un enfant; tous deux coururent jusqu'au pont sans se parler davantage; là, ils s'arrêtèrent, Maurice se retourna.
Le ciel était rouge à l'horizon du faubourg, et l'on voyait monter au-dessus des maisons de nombreuses étincelles.