Maurice comprit qu'elle n'avait plus de courage pour résister, il la saisit dans ses bras. Alors elle laissa tomber sa tête sur son épaule, et ses longs cheveux se dénouèrent sur les joues ardentes de son amant.
En même temps Maurice sentit bondir sa poitrine, soulevée encore comme les vagues après l'orage.
—Oh! tu pleures, Geneviève, lui dit-il avec une profonde tristesse, tu pleures. Oh! rassure-toi. Non, non, jamais je n'imposerai l'amour à une douleur dédaigneuse. Jamais mes lèvres ne se souilleront d'un baiser qu'empoisonnera une seule larme de regret.
Et il desserra l'anneau vivant de ses bras, il écarta son front de celui de Geneviève et se détourna lentement.
Mais aussitôt, par une de ces réactions si naturelles à la femme qui se défend et qui désire tout en se défendant, Geneviève jeta au cou de Maurice ses bras tremblants, l'étreignit avec violence et colla sa joue glacée et humide encore des larmes qui venaient de se tarir sur la joue ardente du jeune homme.
—Oh! murmura-t-elle, ne m'abandonne pas, Maurice, car je n'ai plus que toi au monde.
[XXXIII]
[Le lendemain]
Un beau soleil venait, à travers les persiennes vertes, dorer les feuilles de trois grands rosiers placés dans des caisses de bois sur la fenêtre de Maurice.