—Et où irez-vous, Geneviève?

—Où j'irai? Un jour que vous serez sorti, Maurice, j'irai me dénoncer moi-même sans dire d'où je viens.

—Oh! cria Maurice atteint jusqu'au fond du cœur, de l'ingratitude, déjà!

—Non, répondit la jeune femme en jetant ses bras au cou de Maurice; non, mon ami, de l'amour, et de l'amour le plus dévoué, je vous le jure. Je n'ai pas voulu que mon frère fût pris et tué comme un rebelle; je ne veux pas que mon amant soit pris et tué comme un traître.

—Vous ferez cela, Geneviève? s'écria Maurice.

—Aussi vrai qu'il y a un Dieu au ciel! répondit la jeune femme. D'ailleurs, ce n'est rien que d'avoir la crainte, j'ai le remords.

Et elle inclina sa tête comme si le remords était trop lourd à porter.

—Oh! Geneviève! dit Maurice.

—Vous comprenez bien ce que je dis et surtout ce que j'éprouve, Maurice, continua Geneviève, car ce remords, vous l'avez aussi.... Vous savez, Maurice, que je me suis donnée sans m'appartenir; que vous m'avez prise sans que j'eusse le droit de me donner.

—Assez! dit Maurice, assez!