—Mais si Lorin n'était pas chez lui?

—Qu'importe! son domestique me connaît; ne puis-je prendre chez lui tout ce qu'il me plaît, même en son absence, comme lui ferait ici?

—Bien! bien!

—Toi, ma Geneviève, prépare tout, en te bornant, comme je te le dis, au strict nécessaire; il ne faut pas que notre départ ait l'air d'un déménagement.

—Sois tranquille. Le jeune homme fit un pas vers la porte.

—Maurice! dit Geneviève.

Il se retourna, et vit la jeune femme les bras étendus vers lui.

—Au revoir! au revoir! dit-il, mon amour, et bon courage! dans une demi-heure je suis de retour ici. Geneviève demeura seule chargée, comme nous l'avons dit, des préparatifs du départ.

Ces préparatifs, elle les accomplissait avec une espèce de fièvre. Tant qu'elle resterait à Paris, elle se faisait à elle-même l'effet d'être doublement coupable. Une fois hors de France, une fois à l'étranger, il lui semblait que son crime, crime qui était plutôt celui de la fatalité que le sien, il lui semblait que son crime lui pèserait moins.

Elle allait même jusqu'à espérer que, dans la solitude et l'isolement, elle finirait par oublier qu'il existât d'autre homme que Maurice.