—Ma soupe! ma chopine! cria cet homme en entrant dans la salle commune, sans toucher à son bonnet rouge et en se contentant de faire à la maîtresse de l'établissement un signe de tête.
Puis, avec un soupir de lassitude, il alla s'installer à la table voisine de celle où soupait notre patriote.
La maîtresse du cabaret, par suite de la déférence qu'elle portait au nouvel arrivant, se leva et alla commander elle-même les objets demandés.
Les deux hommes se tournaient le dos; l'un regardait dans la rue, l'autre vers le fond de la chambre. Pas un mot ne s'échangea entre les deux hommes tant que la maîtresse du cabaret n'eut pas complètement disparu.
Lorsque la porte se fut refermée derrière elle, et qu'à la lueur d'une seule chandelle suspendue à un bout de fil de fer, dans des proportions assez savantes pour que le luminaire fût divisible entre les deux convives, quand enfin l'homme au bonnet à poil se fut aperçu, grâce à la glace placée en face de lui, que la chambre était parfaitement déserte:
—Bonsoir, dit-il à son compagnon sans se retourner.
—Bonsoir, monsieur, dit le nouveau venu.
—Eh bien, demanda le patriote avec la même indifférence affectée, où en sommes-nous?
—Eh bien, c'est fini.
—Qu'est-ce qui est fini?