—Mais vous avez la mère Richard pour vous, je suppose?
—Heureusement! elle a fait une scène à son mari, lui reprochant d'avoir un mauvais cœur, et le père Richard a fini par me dire: «Eh bien, citoyen Gracchus, entends-toi avec quelqu'un de tes amis qui te donnera quelque chose sur tes gages; présente-le-moi comme remplaçant et je promets de le faire accepter.» Sur quoi, je suis sorti en disant: «C'est bon, père Richard, je vais chercher.»
—Et tu as trouvé, mon brave? En ce moment, la maîtresse de l'établissement rentra, apportant au citoyen Gracchus sa soupe et sa chopine.
Ce n'était l'affaire ni de Gracchus ni du patriote, qui avaient sans doute quelques communications à se faire.
—Citoyenne, dit le guichetier, j'ai reçu une petite gratification du père Richard, de sorte que je me permettrai aujourd'hui la côtelette de porc aux cornichons et la bouteille de vin de Bourgogne; envoie ta servante me chercher l'une chez le charcutier, et va me chercher l'autre à la cave. L'hôtesse donna aussitôt ses ordres. La servante sortit par la porte de la rue, et elle sortit, elle, par la porte de la cave.
—Bien, dit le patriote, tu es un garçon intelligent.
—Si intelligent, que je ne me cache pas, malgré vos belles promesses, de quoi il retourne pour nous deux. Vous vous doutez de quoi il retourne?
—Oui, parfaitement.
—C'est notre cou à tous deux que nous jouons.
—Ne t'inquiète pas du mien.