—Oui, monsieur.

—Vous préférez une mort utile à votre cause, une mort qui vous fasse bénir de tout un parti et plaindre de tout un peuple, à une mort ignominieuse et toute de vengeance, n'est-ce pas?

—Oui, monsieur.

—J'eusse pu vous tuer sur place lorsque je vous ai rencontrée chez votre amant; mais un homme qui a, comme moi, consacré sa vie à une œuvre honorable et sainte, doit savoir tirer parti de ses propres malheurs en les consacrant à cette cause, c'est ce que j'ai fait, ou plutôt ce que je compte faire. Je me suis, comme vous l'avez vu, refusé le plaisir de me faire justice. J'ai aussi épargné votre amant.

Quelque chose comme un sourire fugitif mais terrible passa sur les lèvres décolorées de Geneviève.

—Mais, quant à votre amant, vous devez comprendre, vous qui me connaissez, que je n'ai attendu que pour trouver mieux.

—Monsieur, dit Geneviève, je suis prête; pourquoi donc alors ce préambule?

—Vous êtes prête?

—Oui, vous me tuez. Vous avez raison, j'attends. Dixmer regarda Geneviève et tressaillit malgré lui; elle était sublime en ce moment: une auréole l'éclairait, la plus brillante de toutes, celle qui vient de l'amour.

—Je continue, reprit Dixmer. J'ai prévenu la reine; elle attend; cependant, selon toute probabilité, elle fera quelques objections, mais vous la forcerez.