—Ainsi, tu n'as rien entendu? dit vivement Santerre.
—Rien.
—Ces louveteaux sont, en vérité, bien d'accord avec la louve, dit le municipal furieux; et, cependant, il y a eu un complot.
La reine sourit.
—Elle nous nargue, l'Autrichienne, s'écria le municipal. Eh bien, puisqu'il en est ainsi, exécutons dans toute sa rigueur le décret de la Commune. Lève-toi, Capet.
—Que voulez-vous faire? s'écria la reine s'oubliant elle-même. Ne voyez-vous pas que mon fils est malade, qu'il a la fièvre? Voulez-vous donc le faire mourir?
—Ton fils, dit le municipal, est un sujet d'alarmes continuel pour le conseil du Temple. C'est lui qui est le point de mire de tous les conspirateurs. On se flatte de vous enlever tous ensemble. Eh bien, qu'on y vienne.—Tison!...—Appelez Tison.
Tison était une espèce de journalier chargé des gros ouvrages du ménage dans la prison. Il arriva.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, au teint basané, au visage rude et sauvage, aux cheveux noirs et crépus descendant jusqu'aux sourcils.
—Tison, dit Santerre, qui est venu, hier, apporter des vivres aux détenus? Tison cita un nom.